Si vous ne deviez faire qu'un seul autotour au Mexique, ce serait celui-là. Le Yucatán réunit toutes les conditions : des routes en bon état et bien signalées, des distances courtes rarement supérieures à trois heures, un relief plat, et une densité de sites remarquable.
C'est aussi la formule qui donne accès à ce que les circuits organisés ne montrent pas : les cénotes confidentiels, les villages, les haciendas isolées.
Un itinéraire de douze jours en boucle
Départ et retour à Cancún, où se concentrent les vols internationaux et les loueurs.
Jours 1 à 4 : Mérida. Trois heures de route depuis Cancún. La capitale du Yucatán est une ville coloniale élégante, sûre et vivante, avec son Paseo de Montejo bordé de demeures du temps du sisal, ses marchés et ses concerts gratuits en soirée. C'est la meilleure base de la région.
Jours 5 et 6 : la route Puuc et Uxmal. Uxmal, le plus élégant des sites mayas, avec sa pyramide du Devin aux angles arrondis. Puis Kabah, Sayil et Labná, presque déserts. Nuit dans une hacienda restaurée, ancienne exploitation de sisal transformée en hôtel de charme.
Jours 7 et 8 : Izamal et Valladolid. Izamal, entièrement peinte en jaune ocre, avec son couvent franciscain bâti sur une pyramide. Puis Valladolid, ville coloniale tranquille, et le cénote Zací en plein centre.
Jour 9 : Chichén Itzá et Ek Balam. Chichén dès l'ouverture à 8h, avant les cars venus de Cancún. Ek Balam l'après-midi, site plus petit mais dont on peut encore gravir la pyramide.
Jours 10 à 12 : Tulum et la côte. Le site archéologique en bord de falaise, les cénotes Dos Ojos et Gran Cenote, la réserve de Sian Ka'an, et une fin de séjour à la plage.
Conduire au Yucatán : ce qu'il faut savoir
L'état des routes est bon. Les axes principaux sont goudronnés, larges et correctement signalés. L'autoroute à péage Cancún-Mérida est excellente mais coûteuse, environ 30 € l'aller. La route libre, plus lente, traverse les villages et se révèle souvent plus intéressante.
Les topes. C'est LE point à connaître. Ces ralentisseurs très marqués, souvent non signalés et parfois non peints, se trouvent à l'entrée et à la sortie de chaque village. Les aborder à vitesse normale endommage les suspensions. Ils sont la première cause de dommage aux véhicules de location.
Éviter la conduite de nuit. Signalisation insuffisante, animaux sur la chaussée, vélos sans éclairage, topes invisibles. Nous planifions systématiquement les étapes pour arriver avant la tombée de la nuit, qui intervient vers 18h30-19h.
L'assurance. C'est le piège classique de la location au Mexique. Les tarifs très bas affichés en ligne excluent l'assurance responsabilité civile, obligatoire par la loi mexicaine, qui est ensuite facturée au comptoir. Prenez systématiquement une formule tout compris sans franchise, et vérifiez que la RC est incluse.
Les contrôles de police sont fréquents mais généralement courtois. Gardez permis, passeport et papiers du véhicule accessibles.
Le carburant. Les stations Pemex sont nombreuses. Le service est assuré par un pompiste, à qui l'on laisse un petit pourboire. Vérifiez que le compteur est remis à zéro avant le plein.
Les étapes qui valent le détour
Les haciendas. Le Yucatán a vécu au XIXe siècle de la culture du sisal, appelé l'or vert. Les grandes exploitations abandonnées après l'effondrement du marché ont été pour certaines restaurées en hôtels de caractère. Dormir dans une hacienda, avec ses arcades, sa chapelle et sa piscine dans l'ancien bassin de rouissage, est l'une des plus belles expériences de la région.
Les cénotes hors circuit. Ceux de Homún et Cuzamá, au sud de Mérida, se visitent en truck, petite plateforme tirée par un cheval sur d'anciens rails de plantation. Beaucoup moins fréquentés que ceux de la Riviera Maya.
Río Lagartos et Las Coloradas. Au nord, une réserve de mangrove où l'on observe des milliers de flamants roses, et des salines aux bassins roses saisissants.
Celestún, à l'ouest, autre réserve à flamants, plus tranquille.
Bacalar. À trois heures au sud de Tulum, une lagune d'eau douce dite aux sept couleurs, bordée de stromatolithes, parmi les plus anciennes formations vivantes de la planète. Nettement moins fréquentée que la côte caraïbe.
Campeche. À deux heures et demie de Mérida, ville fortifiée aux maisons colorées face au golfe, classée au patrimoine mondial et très peu visitée.
Organisation pratique
Le permis. Le permis français est accepté, accompagné du permis international. Les loueurs exigent une carte de crédit au nom du conducteur et fixent un âge minimum de 21 à 25 ans.
Où louer. À l'aéroport de Cancún ou de Mérida. Nous recommandons de réserver auprès d'un loueur établi plutôt que de courir après le tarif le plus bas, qui cache presque toujours une assurance incomplète.
La catégorie de véhicule. Une berline compacte suffit. Le 4x4 n'est pas nécessaire, toutes les routes de l'itinéraire étant goudronnées. Privilégiez la climatisation, indispensable.
La navigation. Google Maps fonctionne bien, mais téléchargez les cartes hors ligne : la couverture réseau est inégale sur les routes secondaires.
Le stationnement. Privilégiez les parkings gardés dans les villes. Ne laissez rien de visible dans l'habitacle.
Durée idéale : douze à quinze jours. En dix jours, il faut supprimer soit la route Puuc, soit la partie balnéaire.
Combien de kilomètres : environ 1 200 km sur douze jours, soit des étapes de deux à trois heures. C'est très raisonnable.
Le conseil de nos Xplorers : prenez la route libre plutôt que l'autoroute entre Mérida et Valladolid. Vous gagnez une heure de trajet en prenant le péage, mais vous perdez les villages, les stands de fruits au bord de la route et les églises coloniales isolées. C'est exactement ce pour quoi on loue une voiture.